La nouvelle réglementation technique des passages de grades de karaté pour la saison 2026-2027 vient de paraître le 8 septembre 2026.
Ce nouveau texte devient la référence pour la préparation et l’organisation des prochains examens. Cet article vous présente les principales évolutions de la voie traditionnelle, du 1er au 6e dan. Il constitue une synthèse destinée à faciliter la compréhension des changements, mais il ne remplace pas le règlement officiel.
Candidats comme professeurs doivent donc toujours se référer à la dernière version publiée par la Fédération Française de Karaté. Télécharger le PDF

Les principales évolutions à retenir
Les changements les plus importants concernent :
- la nouvelle organisation du kihon du 1er au 3e dan ;
- des consignes plus précises pour le Kihon Ippon Kumite et l’Ippon Kumite ;
- la possibilité de recommencer un kata en cas d’erreur, avec une pénalité importante ;
- l’obligation de construire le bunkai à partir de l’un des kata réellement exécutés ;
- une modification du travail sur cibles aux 4e et 5e dan ;
- un contenu de kihon beaucoup plus structuré pour le 6e dan.
En revanche, le contenu du Jiyu Ippon Kumite ne connaît pas de modification majeure.
Bonification de points : un seul point maximum désormais
La réglementation 2026-2027 modifie sensiblement le système de bonification. Jusqu’à présent, les candidats du 1er au 5e dan pouvaient obtenir jusqu’à trois points supplémentaires. Le nouveau règlement limite désormais cette bonification à un seul point maximum par passage de grade, même si le candidat remplit plusieurs conditions.
Ce point peut être obtenu grâce à :
- la participation à un stage de préparation aux grades dirigé par un haut gradé d’au moins 6e dan et organisé par une structure déconcentrée de la FFK ;
- la participation à un stage dirigé par un expert fédéral, organisé au niveau territorial ou national ;
- la possession d’un diplôme d’enseignant reconnu par le règlement, comme le diplôme d’instructeur fédéral, le CQP, le BEES, le DEJEPS ou le DESJEPS.
Pour les stages, le point doit être validé sur le passeport sportif du candidat par le haut gradé ou l’expert qui dirige le stage. Pour le 1er dan, ces stages peuvent être ouverts aux ceintures marron qui préparent ou envisagent de préparer ce grade.
Même si le candidat participe à plusieurs stages ou possède également un diplôme d’enseignant, il ne pourra donc obtenir qu’un seul point de bonification au total. Pour les diplômes, seul le dernier diplôme acquis est pris en compte. Un nouveau diplôme d’enseignant pourra permettre de bénéficier à nouveau d’un point lors de la préparation du grade suivant.
Cette bonification de points concerne les examens du 1er au 5e dan. Il n’existe aucune bonification de points pour l’examen du 6e dan.
Attention également à ne pas confondre cette disposition avec la bonification en temps de pratique, qui peut réduire le délai nécessaire entre deux grades et répond à d’autres conditions.
La réduction est donc importante : le plafond passe de trois points dans la précédente réglementation à un seul point pour la saison 2026-2027.
Ce qui est une excellente chose de mon point de vue.
Une nouvelle organisation du kihon du 1er au 3e dan
C’est probablement l’évolution la plus importante de cette réglementation.
Jusqu’à présent, le contenu du kihon était décrit de manière assez générale et laissait une place importante aux demandes formulées par le jury. Pour la saison 2026-2027, l’épreuve devient plus structurée et s’appuie sur des listes officielles d’enchaînements.
Le kihon reste composé de trois parties réunies sous une seule note.
Première partie : le kihon linéaire
Les candidats réalisent des enchaînements de trois techniques maximum, en avançant ou en reculant, sur trois pas et en aller-retour.
Le nombre d’enchaînements possibles dépend du grade présenté :
| Grade présenté | Kihon linéaire |
|---|---|
| 1er dan | 3 enchaînements tirés au sort parmi une liste de 6 |
| 2e dan | 3 enchaînements tirés au sort parmi une liste de 7 |
| 3e dan | 3 enchaînements tirés au sort parmi une liste de 10 |
Deuxième partie : le kihon en poursuite
Le candidat réalise des enchaînements de trois techniques maximum en aller simple, avant de revenir à sa position de départ.
Le travail s’effectue :
- de 0° à 180° en garde gauche ;
- puis de 180° à 0° en garde droite.
Pour le 1er dan, cette partie porte sur les trois enchaînements restant dans la liste des six. Pour les 2e et 3e dan, trois enchaînements sont tirés au sort parmi ceux qui n’ont pas été sélectionnés pour la première partie.
Cette nouvelle organisation demande donc de préparer les enchaînements officiels dans leur totalité et pas uniquement quelques combinaisons choisies.
Dès que j’aurai reçu les différentes listes officielles de kihon, je proposerai progressivement des vidéos pour vous aider à comprendre les déplacements, les changements de direction et les attentes techniques. L’objectif sera de vous accompagner au mieux dans la préparation de votre prochain examen.
Troisième partie : la maîtrise technique sur cibles
Le candidat réalise toujours cinq techniques choisies parmi les sept techniques prévues par le règlement.
Une précision est toutefois apportée au déplacement du partenaire : Uke doit maintenant se positionner en effectuant deux petits sursauts lents, vers l’arrière ou latéralement à gauche ou à droite. L’ancienne réglementation mentionnait un ou deux petits sursauts, sans préciser aussi clairement la direction latérale.
Tori doit ensuite adapter sa distance et exécuter la technique avec précision et maîtrise, au minimum trois fois.
Kihon Ippon Kumite du 1er dan
Les cinq attaques demandées au 1er dan restent les mêmes :
- Oï Zuki Jodan ;
- Oï Zuki Chudan ;
- Mae Geri Chudan ;
- Mawashi Geri Jodan ou Chudan ;
- Yoko Geri Chudan.
Chaque attaque doit toujours être réalisée une fois à droite et une fois à gauche. Le nouveau texte précise désormais que les côtés doivent être exécutés en alternance.
La préparation devra donc intégrer cette alternance afin que le candidat puisse passer naturellement d’un côté à l’autre sans hésitation.
Ippon Kumite des 2e et 3e dan
Les six attaques prévues aux 2e et 3e dan restent identiques :
- Oï Zuki Jodan ;
- Oï Zuki Chudan ;
- Mae Geri Chudan ;
- Mawashi Geri de la jambe avant ;
- Mawashi Geri de la jambe arrière ;
- Yoko Geri de la jambe arrière.
La nouvelle réglementation précise davantage le déroulement de l’épreuve.
Les attaques sont d’abord exécutées du côté droit, avec le bras ou la jambe arrière. Après le Mae Geri, le pied droit reste posé devant. Le Mawashi Geri de la jambe avant est alors exécuté avec la jambe droite placée devant. La même procédure est ensuite reproduite du côté gauche.
Toutes les attaques doivent être réalisées en Ayumi Ashi : le pied arrière avance et vient se poser devant.
Ces précisions ne modifient pas fondamentalement les techniques demandées, mais elles imposent un déroulement plus codifié. Les candidats devront particulièrement travailler les transitions, les changements de garde et la continuité de la séquence.
Kata : une nouvelle règle en cas d’erreur
Du 1er au 6e dan, le candidat doit toujours présenter deux kata libres correspondant aux listes autorisées pour le grade préparé.
La grande nouveauté concerne l’erreur pendant l’exécution.
Si le candidat se trompe, il peut désormais recommencer son kata. Cependant, la note obtenue pour ce kata sera divisée par deux. Personnellement, j’aurai mis zéro avec une obligation de repasser cet UV.
Cette possibilité évite qu’une erreur entraîne automatiquement l’arrêt définitif de la prestation. La pénalité reste néanmoins très importante.
Bunkai : les applications doivent provenir des kata exécutés
Une évolution importante concerne le choix des séquences de bunkai.
Auparavant, le candidat pouvait présenter des applications issues de n’importe quel kata figurant dans la liste correspondant à son grade. Désormais, les applications doivent être directement liées à l’un des deux kata exécutés devant le jury.
Pour les 1er, 2e et 3e dan, le candidat doit présenter au minimum trois séquences issues de l’un de ses deux kata.
Pour les 4e et 5e dan, il doit également démontrer plusieurs applications provenant de l’un des kata qu’il vient de présenter.
Cette modification renforce la cohérence entre la forme et son application. Il devient indispensable de préparer simultanément le kata et son bunkai comme je le dis depuis des années. Le candidat doit être capable de montrer qu’il comprend les mouvements exécutés et qu’il sait les transposer dans une situation avec partenaire.
Il est donc conseillé de choisir ses deux kata suffisamment tôt dans la saison et de construire progressivement les applications correspondantes.
Le kihon des 4e et 5e dan
L’épreuve conserve ses deux grandes parties :
- un kihon libre composé d’enchaînements personnels réalisés dans différentes directions ;
- un travail avec partenaire sur des cibles.
La principale évolution concerne cette seconde partie. Les enchaînements de percussion, composés de deux à trois techniques maximum, doivent maintenant être réalisés avec un déplacement sur deux pas lents :
- vers l’arrière ;
- sur le côté droit ;
- ou sur le côté gauche.
La réglementation précédente évoquait plus largement un travail en déplacement et de manière multidirectionnelle. Le nouveau texte définit donc plus précisément la distance et la forme du déplacement attendues.
La recherche de distance, la maîtrise des percussions et l’adaptation au déplacement du partenaire restent les critères essentiels.
Le 6e dan : un kihon beaucoup plus structuré
Le changement est particulièrement important pour l’épreuve de kihon du 6e dan.
Le candidat doit toujours présenter, expliquer et justifier une prestation personnelle sur un thème technique de son choix, dans une durée maximale de dix minutes. Mais le nouveau règlement impose désormais une structure beaucoup plus précise.
Le candidat doit exécuter seul cinq enchaînements composés chacun de cinq techniques. Ces enchaînements doivent intégrer :
- des attaques ;
- des blocages ;
- des esquives ;
- des déplacements en avançant ou en reculant ;
- un travail avec sursaut.
Chaque enchaînement doit être réalisé dans un sens puis dans l’autre, en aller-retour.
Le candidat est ensuite rejoint par son partenaire afin de démontrer l’utilité et l’application de ses enchaînements. Il peut choisir de présenter l’application après chaque combinaison ou d’exécuter d’abord les cinq enchaînements avant de montrer toutes les applications.
Les applications sont démontrées une fois, à vitesse normale.
Cette évolution demande au candidat de construire une prestation à la fois cohérente, techniquement riche et directement applicable avec un partenaire. Il ne suffit plus de choisir librement un thème : il faut organiser celui-ci autour d’une démonstration répondant précisément aux exigences du règlement.
Concernant le bunkai du 6e dan, le candidat peut présenter ses applications par séquences, mais il peut également démontrer l’utilité des techniques sans interruption entre les séquences.
Le Jiyu Ippon Kumite ne change pas
Le contenu du Jiyu Ippon Kumite reste globalement inchangé du 1er au 5e dan. Le kumite traditionnel proposé au 6e dan conserve également son organisation : cinq passages en attaque et cinq passages en défense, sur une attaque et une contre-attaque.
Les attentes restent centrées sur :
- la gestion de la distance ;
- le choix du moment opportun ;
- la qualité de l’attaque ;
- la perception de l’intention adverse ;
- l’efficacité de la défense et de la contre-attaque ;
- le travail en Go no Sen et en Sen no Sen selon le grade présenté.
Puisque cette partie ne change pas, la formation de trois heures consacrée au Jiyu Ippon Kumite et disponible sur Digital reste d’une grande aide technique et pédagogique. Elle peut accompagner aussi bien les candidats dans leur préparation que les professeurs souhaitant structurer leur enseignement et leurs exercices.
Comment adapter sa préparation ?
Pour les candidats du 1er au 3e dan, la priorité sera de découvrir et de mémoriser les nouvelles listes de kihon dès leur mise à disposition.
Pour tous les grades, il faudra également :
- préparer les bunkai en lien direct avec les kata choisis ;
- travailler les kata dans des conditions proches de l’examen ;
- intégrer les nouvelles consignes de déplacement sur cibles ;
- respecter précisément les procédures de l’Ippon Kumite ;
- accorder davantage de place à la compréhension et à l’application des techniques.
Les candidats au 6e dan devront quant à eux repenser leur prestation personnelle afin d’y intégrer les cinq enchaînements de cinq techniques et leur démonstration avec partenaire.
Le règlement officiel reste la référence
Cette synthèse a pour objectif de vous aider à identifier rapidement les principaux changements entre les réglementations 2025-2026 et 2026-2027. L’ancienne réglementation présentait les contenus précédemment applicables, tandis que la page fédérale rassemble désormais les documents de référence pour la nouvelle saison.
Règlementation technique CSDGE Karaté 2026-2027
La préparation d’un grade représente plusieurs mois, parfois plusieurs années de travail. Il est donc indispensable que les candidats et les professeurs consultent régulièrement la réglementation officielle de la FFK et vérifient qu’ils disposent bien de sa dernière version avant chaque examen.
De nouvelles vidéos et ressources pédagogiques seront proposées progressivement afin de vous accompagner dans la compréhension de ces évolutions et dans la préparation de votre prochain passage de grade.